Revue de Presse

Le Figaro Magazine
Samedi 13 mars 2004
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"Pour les adeptes du sans sucre
Les bruts de l'extrême"

« Les temps ont bien changé depuis que les consom-mateurs français adoraient "faire Roumanoff" en versant leur champagne dans des verres contenant déjà
une bonne dose de liqueur sucrée. C'était du dernier chic de déguster ainsi le vin des rois "à la russe", un pays
où l'on ne concevait le champagne que dopé
à la liqueur de dosage (jusqu'à 200 grammes par litre).

C'est pour adoucir le vin effervescent, privé de son sucre par la seconde fermentation, que cette pratique fut utilisée au début des années 1930. A l'aide, d'abord, d'étranges
mixtures, avant d'opter définitivement pour un mélange
de sucre de canne et d'un peu de vin de champagne.
Les Britanniques n'ont jamais aimé les champagnes douceur et ce sont eux qui ont fait basculer
dans un monde de bruts les vins de Reims et d'Epernay.

Non sans mal, d'ailleurs, car il fallut attendre la fin
du XIX° siècle avant de voir les champagnes "trop sirotés" s'effacer enfin devant les premiers bruts dont le dosage, aujourd'hui, ne doit pas dépasser 15 grammes par litre.
Le label fut utilisé pour la première fois en 1872
sur des bouteilles de Pommery commercialisées
en Grande-Bretagne. La meme marque récidiva,
une douzaine d'années plus tard, avec le célèbre
" Brut Nature 1874" de Jeanne-Alexandrine-Louise Pommery.

Le champagne venait de trouver sa véritable identité puisque aujourd'hui les bruts représentent près de 95%
de la production. Pourtant, on n'allait pas en rester là puisqu'en 1889, une autre veuve, Mathilde-Emilie Perrier, franchit un pas de plus en proposant aux Londoniens
un Laurent-Perrier "sans sucre" que les Britanniques baptisèrent avec humour "Champagne Compétition".

C'est l'ancêtre des vins peu ou pas dosés qui refit réellement surface au cours des années 60 et que
l'on range, désormais, en deux catégories: l' "Extra Brut" (moins de 6 grammes de sucre par litre) et le "Brut Nature" (sans liqueur de dosage et avec moins de 3 grammes
de sucre résiduel). Le prototype du non-dosé (ou "Brut Zéro") reste l'"Ultra Brut" de Laurent-Perrier,
ressuscité en 1981 par Bernard de Nonancourt et son chef de cave, Alain Terrier. Le "sans sucre" intégral est un club très intimiste qui compte aussi parmi ses adeptes
André et Michel Drappier, Georges Vesselles,
Jean-Marie Tarlant, etc.

Il y a un peu plus de monde dans la catégorie des extra-bruts, moins intransigeants à l'égard de la liqueur
de dosage. La coopérative Union Champagne, à Avize,
fait partie de ce groupe dans lequel on trouve aussi
Duval-Leroy et Philipponnat. Mais les bruts de l'extrême, toutes catégories confondues, ne représentent qu'un peu plus de 150 000 flacons chaque année, dont 60 000 commercialisés sur les marchés étrangers. »
Roger Pourteau

La bouteille de la semaine
"Extra Brut" d'Union Champagne

« Dosé à 5 grammes par litre, cet "Extra Brut" de Saint-Gall, la marque du groupement de producteurs présidé
par Serge Lefèvre, est un 100% chardonnay grand cru
à la belle couleur dorée. Un champagne à déguster
à l'apéritif et aussi sur des fruits de mer. »